Sécurité, Voisins vigilants : Notre intervention au Conseil municipal du 10 juin 2014

 

La sécurité est un vaste sujet, qui pose de nombreuses questions et occupe bien des services, tant au plan national que local.

Le droit de chacun à la sécurité est fondamental. Le philosophe  et historien Marcel Gauchet le présente comme ‘L’objet même de l’engagement en société. ’ ; c’est dire  combien la sécurité des biens et des personnes est fondamental dans toute société organisée, sécurité dont la garantie est d’abord  une mission régalienne de l’Etat, et d’ailleurs  une de ses principales raisons d’être.

Les  missions qui se rattachent à la sécurité sont beaucoup plus étendues qu’on ne l’admet généralement, bien au-delà du domaine militaire ou de la répression de la délinquance. Parmi ces missions, certaines sont désormais dévolues aux collectivités locales, dans le but de lutter contre toutes les formes d’insécurité au quotidien, au plus près des individus.

L’initiative qui nous est proposée par la présente délibération fait partie des outils la disposition des communes pour lutter contre certaines formes d’insécurité, essentiellement liées au développement des cambriolages. Ce n’est certes pas la seule initiative à prendre dans ce domaine et sans doute pas la plus urgente.

Savigny sur Orge, 4eme ville du département, n’est toujours pas aujourd’hui dotée de structures de prévention de la délinquance, dont l’efficacité en amont de l’insécurité n’est pourtant plus à démontrer. C’est sans doute le point que nous aurions souhaité voir traité en priorité.

La redéfinition des missions de la police municipale et le développement de l’ilotage dans les quartiers qui en ont le plus besoin, en coopération avec la police nationale, sont également des mesures prioritaires à notre sens.

La sécurité des déplacements, notamment aux abords des écoles et des lieux de fort croisement entre piétons et véhicules, sont également des sujets importants pour la commune, qui restent à traiter en profondeur.

La réduction des pannes  de l’éclairage public, qui touchent de nombreux quartiers ponctuellement  chaque hiver, est également un sujet lié à la sécurité sur notre commune.

L’initiative  ‘Mairies vigilantes’, à laquelle semble se référer cette délibération, n’est donc pas à notre sens une priorité en matière de sécurité locale. Mais nous ne voyons pas non plus de raison de nous y opposer sous réserve d’un encadrement très strict de sa mise en œuvre.

Le dispositif doit se définir comme un soutien à la sécurité locale, une solidarité et une attention portée au bien être de son entourage, et ne peut en aucun cas servir à l’arbitrage de différents de voisinage. A cet égard, nous suggérons de remplacer le mot ‘tranquilité’ par le mot ‘sécurité’ en début de l’article 4 du protocole,  pour plus de clarté.

Nous souhaitons également que le Maire de la commune s’engage à agir fermement, y compris en justice si nécessaire, si les droits fondamentaux individuels précisés à l’article 58 ne sont pas respectés, en ajoutant à la liste ‘aucun caractère sexiste’.

Le dispositif nous est présenté comme une expérimentation, dans une zone partielle de la commune.  Toute expérimentation est soumise à une évaluation avant de décider de sa poursuite éventuelle.  Or le protocole qui nous est soumis est ensuite reconductible ‘par tacite reconduction. Nous suggérons donc de soumettre la reconduction à une validation de la période d’expérimentation, avant de la rendre reconductible.

Nous voudrions également voir préciser l’articulation entre les articles 3, 4 et 7 ou l’on parle successivement d’ »habitants relais » puis de « citoyens relais ». Sont-ce les mêmes personnes ?

Nous souhaitons savoir qui sont les « représentants de la commune présents aux réunions d’échange » comme indiqué à l’article 8.

Enfin nous demandons instamment que ce dispositif bénéficie d’une information régulière du Conseil Municipal dans son ensemble, afin de permettre d’en évaluer le bon fonctionnement et l’efficacité.

Nous gardons encore en mémoire la mise en place des caméras de vidéosurveillance dont l’efficacité (peut-être réelle, nous n’avons aucun moyen de le savoir) n’a été à aucun moment démontrée par des rapports présentés au Conseil municipal, mais qui en tout état de cause n’ont pas empêché le quasi doublement du nombre de cambriolages sur le territoire de la commune depuis leur mise en place.

Nous souhaitons donc que chaque groupe représenté au Conseil municipal puisse être représenté au CLSPD et/ou au CISPD, et à minima que chaque dispositif en lien avec la sécurité fasse l’objet d’une information complète.  La sécurité n’est-elle pas l’affaire de tous et la responsabilité de chacun ?