Réforme des rythmes scolaires: notre intervention au Conseil municipal du 28 avril 2014

A la lecture de la note de synthèse concernant l’ « organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires », nous devons vous dire que nous avons été particulièrement scandalisés par les 2 points suivants :

1.  Vous demandez au conseil municipal de se prononcer sur la non application du nouveau dispositif concernant les rythmes scolaires. Or, le temps n’est plus à se poser la question du bien fondé de la réforme des rythmes scolaires : le débat a eu lieu, les arbitrages ont été pris et le décret est sorti. Les communes n’ont pas le pouvoir de ne pas appliquer une réforme adoptée après une large concertation au niveau national. Elles ne peuvent qu’organiser le temps désormais disponible dans la semaine pour réaliser une activité périscolaire pérenne et accessible à tous.  2.  Vous sous-entendez dans votre note que le bien de l’enfant serait dans la non application de cette réforme. Nous rappelons que la réforme des rythmes scolaires, dont la mise en œuvre a commencé en 2013, poursuit plusieurs objectifs. Le premier, et sans doute le plus important, est de mettre fin à l’expérience désastreuse de la généralisation de la semaine des 4 jours dans l’éducation nationale, instaurée par Xavier Darcos sous le gouvernement Fillon. Faut-il rappeler dans quelles conditions  s’était instaurée cette semaine de 4 jours en 2008, sans aucune concertation et annoncée par un simple décret ? Faut-il rappeler l’opposition quasi unanime à cette réforme du monde éducatif, des organisations de parents d’élèves aux enseignants, en passant par les spécialistes de la chronobiologie ? Faut-il rappeler la glissade constatée ces 10 dernières années dans le classement de la France dans les études PISA ou PIRLS mesurant l’efficience des systèmes éducatifs de nombreux pays ? Il y avait donc urgence, dès 2012, à corriger les effets d’une réforme précédente incontestablement néfaste pour les résultats scolaires des enfants, notamment en répartissant les temps d’apprentissage des enfants dans la semaine sur 9 demi-journées dont 5 matinées qui sont les périodes les plus propices à l’acquisition. Ceci dit, nous tenons à préciser que nous demandons la pérennisation des aides financières à la mise en place de cette réforme : la subvention de 50 euros par enfant de l’Etat et les aides de la CAF. En conclusion, refuser d’appliquer la réforme actuelle sans rien  proposer à la place, c’est accepter de constater la dégradation de notre performance éducative et se satisfaire de son déclin. Il serait malhonnête de prétendre prendre cette décision au nom de l’intérêt des enfants, et tout aussi malhonnête de le faire au nom de l’égalité entre les territoires. Les enfants d’Etampes, de Courcouronnes, d’Evry ou de Palaiseau bénéficieront d’activités périscolaires en concertation avec les enseignants de l’Education nationale, pendant que les enfants de Savigny et leurs parents en seront, eux, privés et seront tout simplement livrés à eux-mêmes durant les périodes de la semaine dédiées au péri scolaire. Il faut se rendre à l’évidence: l’orientation que vous nous proposez n’est faite ni dans l’intérêt des enfants, ni dans celui des parents, ni même dans celui des enseignants et des personnels d’animation et d’enseignement péri éducatif. Il n’est motivé que par une volonté: celle d’attendre et de ne rien faire.

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